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TDAH et alimentation : ce qui aggrave, ce qui aide, ce qu'on peut faire

TDAH et alimentation : ce qui aggrave, ce qui aide, ce qu'on peut faire

Le TDAH (trouble déficitaire de l'attention avec ou sans hyperactivité) est l'un des diagnostics qui explosent en ce moment, chez l'enfant comme chez l'adulte. Et avec lui, une question revient de plus en plus : est-ce que l'alimentation joue un rôle ? Est-ce qu'on peut agir sur les symptômes par ce levier-là ?

Oui, partiellement, sur certains profils, avec des preuves de qualité variable selon les interventions. On ne peut dire ni "l'alimentation guérit le TDAH", ni "la nutrition n'a rien à voir". Comme souvent, la réponse est plus nuancée, et c'est précisément cette nuance que cet article cherche à documenter.

Ce dont on va parler : les mécanismes biologiques qui relient nutrition et fonctionnement cérébral dans le TDAH, les interventions alimentaires qui ont des données cliniques sérieuses, celles qui ont des signaux préliminaires, celles qui n'ont rien de solide, et ce qu'un accompagnement naturopathique peut apporter concrètement dans ce contexte.

Ce dont on ne va pas parler : comment diagnostiquer le TDAH (c'est le rôle du médecin et du neuropsychologue), et si vous devriez arrêter un traitement médicamenteux (décision médicale, jamais naturopathique).

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Le TDAH est un trouble neurodéveloppemental dont le diagnostic appartient au médecin ou au neuropsychologue. Un accompagnement naturopathique s'inscrit en complément d'un suivi médical, et jamais en remplacement d'un traitement prescrit. Si vous ou votre enfant êtes sous traitement médicamenteux, toute modification doit être discutée avec le médecin prescripteur.

Ce qu'est le TDAH : rappel biologique rapide

Le TDAH est un trouble neurodéveloppemental caractérisé par des symptômes d'inattention, d'hyperactivité et d'impulsivité, présents avant l'âge de 12 ans et observés dans au moins deux contextes différents (école, maison, travail). Sa prévalence mondiale est estimée entre 5 et 7% chez l'enfant, et entre 2,5 et 4% chez l'adulte. [1]

Sur le plan neurobiologique, le TDAH implique principalement des dysfonctionnements des circuits dopaminergiques et noradrénergiques dans le cortex préfrontal, les ganglions de la base et le cervelet. Ce sont ces circuits qui régulent les fonctions exécutives : planification, inhibition des réponses impulsives, mémoire de travail, régulation attentionnelle. [2]

Les médicaments de référence (méthylphénidate, amphétamines) agissent directement sur ces circuits en augmentant la disponibilité de la dopamine et de la noradrénaline dans les synapses. Ce n'est pas un hasard si ce sont les traitements les plus efficaces à court terme : ils agissent sur le mécanisme central. Mais ils ne traitent pas les facteurs environnementaux et nutritionnels qui peuvent moduler l'expression des symptômes.

C'est là que l'alimentation entre en jeu, non pas comme alternative, mais comme modulateur du terrain.

Pourquoi l'alimentation peut influencer le TDAH : les mécanismes

Le cerveau est un organe nutritionnellement dépendant

Avant de parler d'études cliniques, il faut comprendre pourquoi l'alimentation pourrait logiquement influencer un trouble neurobiologique.

Le cerveau consomme environ 20% de l'énergie totale du corps pour seulement 2% de sa masse. Il est constitué à environ 60% de lipides, dont une large proportion d'acides gras polyinsaturés (oméga-3 et oméga-6). Les neurotransmetteurs, dont la dopamine et la noradrénaline directement impliqués dans le TDAH, sont synthétisés à partir d'acides aminés alimentaires (tyrosine, phénylalanine). La myélinisation des axones, qui conditionne la vitesse de conduction nerveuse, dépend des apports en graisses essentielles, en vitamines B et en minéraux comme le zinc et le magnésium. [3]

Autrement dit : un cerveau mal nourri est un cerveau qui fonctionne moins bien, indépendamment de toute pathologie. Dans le contexte d'un TDAH, où des circuits neuronaux spécifiques sont déjà moins efficaces, les déficits nutritionnels peuvent amplifier les symptômes existants.

L'axe intestin-cerveau : un lien de plus en plus documenté

Une revue systématique publiée en 2024 dans ScienceDirect, portant sur 14 études et 1 319 participants, a montré des altérations significatives de la composition du microbiote intestinal chez les personnes atteintes de TDAH, avec notamment des modifications de l'abondance de certaines bactéries impliquées dans la production de neurotransmetteurs et d'acides gras à chaîne courte. [4]

Le microbiote intestinal produit environ 90% de la sérotonine du corps et participe à la régulation de la dopamine via l'axe intestin-cerveau. Une dysbiose intestinale peut donc théoriquement aggraver des déséquilibres dopaminergiques déjà présents dans le TDAH.

Une méta-analyse publiée en 2025 portant sur 15 essais randomisés contrôlés d'interventions ciblant le microbiote (probiotiques, prébiotiques, modifications alimentaires) a montré une amélioration modeste mais statistiquement significative des symptômes de TDAH (SMD = -0,24 ; IC 95% : -0,42 à -0,06), avec des effets optimaux à 8 semaines d'intervention. [5]

Ces données restent préliminaires et les tailles d'échantillons sont limitées. Mais elles ouvrent une piste mécanistique cohérente avec ce qu'on observe cliniquement.

Les aliments ultra-transformés : un signal épidémiologique fort

Une étude publiée en 2026 dans PubMed (PMID: 41776368), portant sur 1 135 enfants âgés de 6 à 11 ans, dont 111 avec un diagnostic de TDAH, a montré que la consommation d'aliments ultra-transformés (AUT) était significativement associée au diagnostic de TDAH après ajustement pour l'âge, le sexe, le statut socioéconomique et les apports énergétiques. Les enfants dans le tertile supérieur de consommation d'AUT avaient 62% de probabilité supplémentaire d'avoir un TDAH diagnostiqué (OR = 1,622 ; IC 95% : 1,010-2,604). [6]

Une cohorte brésilienne publiée en 2026 dans European Child & Adolescent Psychiatry, suivant 3 643 enfants de la naissance à 6-7 ans, a montré que les enfants qui maintenaient une consommation élevée d'aliments non transformés ou peu transformés sur toute la période avaient en moyenne 6% de scores TDAH inférieurs à 6-7 ans, comparativement aux enfants avec une consommation moindre. [7]

Ces associations ne prouvent pas la causalité : un enfant avec un TDAH non diagnostiqué peut avoir plus de difficultés à adopter une alimentation structurée et variée, ce qui biaiserait les résultats. Mais la cohérence des signaux sur plusieurs populations suggère un lien bidirectionnel réel.

Ce que les études d'intervention disent : le tri par niveau de preuve

Les colorants et additifs alimentaires synthétiques : signal modeste mais réel

C'est le domaine où les preuves sont les plus anciennement établies. Une méta-analyse publiée en 2012 dans le Journal of the American Academy of Child and Adolescent Psychiatry (Nigg et al.), portant sur 24 études sur les colorants synthétiques et 10 études sur les régimes d'éviction, a montré que l'élimination des colorants alimentaires synthétiques réduisait les symptômes de TDAH avec une taille d'effet modeste (d de Cohen autour de 0,18 à 0,42 selon les études). [8]

Une revue publiée dans PMC en 2025 confirme ces signaux et soulève des préoccupations réglementaires : les colorants synthétiques comme la tartrazine (E102, Yellow 5) et le Rouge Allura (E129, Red 40) augmentent le stress oxydatif, provoquent une dysfonction mitochondriale et perturbent le métabolisme de la dopamine et de la sérotonine. Ces mécanismes sont cohérents avec la physiopathologie du TDAH. [9]

Point réglementaire important : l'Union Européenne impose depuis 2010 un avertissement obligatoire sur les aliments contenant six colorants synthétiques spécifiques ("peut avoir des effets négatifs sur l'activité et l'attention des enfants"). Les États-Unis n'ont toujours pas adopté de mesure équivalente.

Ce qu'on peut dire honnêtement : les colorants alimentaires synthétiques ne provoquent probablement pas le TDAH, mais ils peuvent aggraver les symptômes chez une sous-population d'enfants déjà concernés. L'éviction est sans risque et potentiellement utile. C'est une mesure de bon sens.

Le régime "few-foods" (oligoantigénique) : les effets les plus importants

Le régime "few-foods" est une approche d'élimination stricte pendant 4 à 5 semaines, consistant à ne consommer qu'un nombre très limité d'aliments (généralement riz, agneau, certains légumes et fruits), suivie d'une réintroduction progressive pour identifier les déclencheurs individuels.

C'est l'intervention alimentaire qui produit les tailles d'effet les plus importantes dans la littérature sur le TDAH. Une revue systématique publiée dans PLOS ONE (van Egmond-Fröhlich et al., 2017), portant sur 14 méta-analyses et n'incluant que les essais en double aveugle contrôlés par placebo, conclut que le régime few-foods produit des tailles d'effet moyennes à grandes, nettement supérieures à celles obtenues avec l'élimination des colorants ou la supplémentation en oméga-3 seuls. [10]

Ces résultats suggèrent l'existence d'un sous-type alimentaire de TDAH : chez une fraction des patients (estimée entre 30 et 50% dans certaines études), des aliments spécifiques agissent comme déclencheurs des symptômes via des mécanismes immunologiques ou d'intolérance alimentaire non IgE-médiée.

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Le régime few-foods est une approche restrictive qui ne doit pas être entreprise seule, notamment chez l'enfant. Elle nécessite un accompagnement professionnel pour éviter les carences nutritionnelles pendant la phase d'élimination et pour conduire les réintroductions de façon méthodique. Elle est contre-indiquée en cas d'antécédents de troubles du comportement alimentaire.

Les oméga-3 : utiles mais pas suffisants seuls

Les oméga-3, en particulier l'EPA (acide eicosapentaénoïque) et le DHA (acide docosahexaénoïque), sont les compléments les plus étudiés dans le TDAH. Les enfants et adultes atteints de TDAH présentent systématiquement des niveaux d'oméga-3 plus bas que les contrôles dans les études observationnelles.

Une méta-analyse publiée dans le Journal of Clinical Psychiatry en 2023 (Liu et al., PMID: 37656283), portant sur plusieurs essais randomisés, conclut que les oméga-3 n'améliorent pas significativement les symptômes centraux du TDAH à court terme, mais que la supplémentation à long terme pourrait avoir des bénéfices. [11]

Une méta-analyse de 2024 portant sur 31 essais randomisés et 2 494 participants (enfants de 6 à 18 ans) confirme cette nuance : l'effet global sur les symptômes du TDAH n'est pas significatif, mais des sous-groupes spécifiques (enfants avec des niveaux d'oméga-3 initialement très bas, ou supplémentés en EPA à haute dose) montrent des améliorations plus marquées. [12]

Ce qu'on peut dire honnêtement : les oméga-3 ne sont pas un traitement du TDAH à eux seuls. Mais corriger un déficit documenté en EPA/DHA fait partie d'un bilan nutritionnel de base sensé chez tout patient avec un TDAH, notamment chez les enfants dont l'alimentation est pauvre en poissons gras.

Magnésium, zinc, fer et vitamine D : des carences fréquentes, des effets modestes

Plusieurs micronutriments sont systématiquement moins bien représentés dans les bilans biologiques des personnes atteintes de TDAH.

Magnésium : une méta-analyse publiée dans Psychiatry Research (2019) sur 7 études observationnelles a montré que les sujets TDAH présentaient des niveaux sériques de magnésium significativement inférieurs aux contrôles (différence de -0,105 mmol/L, p = 0,013). [13] Le magnésium est cofacteur de la synthèse de dopamine et régulateur de l'excitabilité neuromusculaire : son déficit, déjà documenté chez plus de 40% de la population européenne générale, prend une dimension supplémentaire dans le contexte du TDAH.

Zinc : le zinc est impliqué dans la régulation de la mélatonine et de la dopamine, deux systèmes perturbés dans le TDAH. Des études observationnelles montrent des niveaux de zinc inférieurs chez les enfants TDAH. Les essais de supplémentation montrent des effets modestes et hétérogènes. [14]

Fer (ferritine) : un niveau bas de ferritine (réserves en fer) a été documenté chez une proportion significative d'enfants TDAH, avec une corrélation inverse entre ferritine et sévérité des symptômes. La supplémentation en fer chez les enfants avec une ferritine basse a montré des effets bénéfiques dans certains essais, mais les données restent insuffisantes pour en faire une recommandation généralisée. [14]

Vitamine D : associée à la régulation de la dopamine et de la sérotonine, elle est fréquemment déficitaire chez les enfants TDAH. Plusieurs essais de supplémentation montrent des améliorations modestes, particulièrement en combinaison avec d'autres micronutriments. [3]

Ce qu'on peut dire honnêtement : ces micronutriments ne traitent pas le TDAH, mais un bilan de statut nutritionnel (magnésium érythrocytaire, zinc, ferritine, 25-OH vitamine D) fait partie du bilan de base pertinent. Corriger les déficits documentés améliore le fonctionnement neurologique de base, sans prétendre traiter le trouble lui-même.

Le sucre : moins coupable qu'on ne le croit (sur les mécanismes directs)

L'idée que le sucre "rend les enfants fous" est culturellement très ancrée. La réalité scientifique est plus nuancée : plusieurs méta-analyses sur l'effet aigu du sucre sur le comportement des enfants n'ont pas trouvé d'effet direct significatif. [3]

Ce qui est documenté en revanche : les aliments à index glycémique élevé (sucres raffinés, farines blanches) provoquent des pics glycémiques suivis de chutes, qui peuvent affecter l'humeur, la concentration et l'irritabilité via des mécanismes hormonaux (cortisol, adrénaline en réponse à l'hypoglycémie réactionnelle). Ces fluctuations peuvent aggraver des symptômes préexistants chez les personnes TDAH sans en être la cause directe.

La distinction est importante : stabiliser la glycémie via une alimentation à index glycémique bas et riche en fibres n'est pas un traitement du TDAH, mais c'est une mesure d'hygiène fonctionnelle cohérente.

Ce que la naturopathie peut apporter concrètement

Le TDAH illustre parfaitement ce que la naturopathie peut et ne peut pas faire. Elle ne peut pas modifier la neurobiologie sous-jacente d'un trouble neurodéveloppemental. Ce qu'elle peut faire, c'est réduire la charge allostatique qui aggrave les symptômes, et optimiser le terrain biologique sur lequel ce trouble s'exprime.

En pratique, un accompagnement naturopathique sérieux dans le contexte du TDAH passe par plusieurs axes.

L'évaluation alimentaire structurée

L'alimentation des personnes TDAH présente souvent des caractéristiques spécifiques liées au trouble lui-même : difficultés à planifier les repas, oubli de manger, hypersélectivité alimentaire (notamment chez l'enfant), tendance à l'alimentation impulsive et aux choix ultra-transformés. Ces comportements alimentaires ne sont pas des choix : ils sont des manifestations fonctionnelles du trouble.

Un bilan alimentaire en naturopathie commence par prendre en compte cette réalité, sans jugement, et par identifier les carences nutritionnelles probables (oméga-3, magnésium, zinc, ferritine, vitamine D) avant de proposer des ajustements réalistes et adaptés aux contraintes fonctionnelles réelles de la personne.

L'éviction des additifs synthétiques

L'élimination progressive des colorants synthétiques, des conservateurs (notamment BHA, BHT) et des édulcorants artificiels est une mesure sans risque, cohérente avec les données disponibles, et accessible même sans régime restrictif complet. Elle ne nécessite pas de "régime" au sens courant du terme : elle passe par la lecture des étiquettes et le remplacement progressif des produits ultra-transformés les plus chargés en additifs.

La stabilisation glycémique

Structurer les repas pour limiter les fluctuations glycémiques : alimentation à base de glucides complexes (légumineuses, céréales complètes), association systématique de protéines et de fibres aux repas, limitation des prises alimentaires sucrées isolées. Ces ajustements sont particulièrement utiles pour les enfants TDAH dont la concentration en milieu de matinée ou en fin d'après-midi chute avec la glycémie.

Le soutien du microbiote

Intégrer des aliments fermentés (yaourt, kéfir, choucroute, miso) et des fibres prébiotiques (légumineuses, poireaux, ail, oignons, banane verte) pour soutenir la diversité du microbiote intestinal, en lien avec les données préliminaires sur l'axe intestin-cerveau dans le TDAH. Cette approche est sans risque et s'inscrit dans une réforme alimentaire globale.

L'approche "few-foods" supervisée

Chez les profils pour lesquels les symptômes semblent fluctuer significativement avec l'alimentation, une démarche d'éviction-réintroduction structurée peut permettre d'identifier des déclencheurs alimentaires individuels. Cette approche est plus exigeante, nécessite un encadrement professionnel et n'est pas indiquée pour tous les profils. Elle s'inscrit dans une démarche de médecine fonctionnelle et non dans une démarche diététique standard.

Le soutien du sommeil

Le TDAH est très fréquemment associé à des troubles du sommeil, qui aggravent à leur tour l'inattention et l'impulsivité. L'hygiène du sommeil (gestion de la lumière bleue, régulation des horaires, alimentation du soir favorable au sommeil) fait partie intégrante d'un accompagnement cohérent, même si ce n'est pas strictement une intervention nutritionnelle.

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Ce que vous pouvez faire dès maintenant, sans consultation. Lisez les étiquettes de vos aliments habituels et identifiez ceux qui contiennent des colorants synthétiques (E102, E104, E110, E122, E124, E129). Remplacez progressivement. Structurez trois repas par jour avec une source de protéines à chaque repas. Intégrez un poisson gras deux fois par semaine. Ce sont des mesures accessibles, sans risque et cohérentes avec les données disponibles.

Ce que la naturopathie ne peut pas faire

Il serait irresponsable de ne pas le préciser clairement.

La naturopathie ne peut pas diagnostiquer le TDAH. Elle ne peut pas remplacer un traitement médicamenteux prescrit. Elle ne peut pas "guérir" un trouble neurodéveloppemental dont les bases biologiques sont en partie génétiques. Les promesses de "protocoles naturels" qui "soignent le TDAH sans médicaments" qui circulent sur les réseaux sociaux sont, dans la grande majorité des cas, des simplifications dangereuses qui peuvent conduire des familles à abandonner des traitements efficaces au profit d'approches dont l'efficacité est partielle et conditionnelle.

Ce que la naturopathie peut faire, en revanche, c'est optimiser le terrain nutritionnel et environnemental pour réduire la charge symptomatique, améliorer la qualité de vie et potentiellement diminuer la dose de médicament nécessaire dans un cadre médical supervisé. C'est déjà considérable, et c'est défendable sur le plan des données disponibles.


Article rédigé à des fins d'information et d'éducation à la santé. Il ne constitue pas un avis médical individuel. Le TDAH est un trouble neurodéveloppemental dont le diagnostic et la prise en charge appartiennent au médecin et au neuropsychologue. En cas de suspicion de TDAH chez un enfant ou chez un adulte, consultez un médecin avant toute démarche complémentaire. Un accompagnement naturopathique s'inscrit en complément, et jamais en remplacement, d'un suivi médical et d'un traitement prescrit.

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Sources



  1. Polanczyk G.V. et al. (2015). ADHD prevalence estimates across three decades: an updated systematic review and meta-regression analysis. International Journal of Epidemiology, 44(4), 1063-1064. PMID: 25561435. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25561435/ — Prévalence mondiale du TDAH : 5 à 7% chez l'enfant, 2,5 à 4% chez l'adulte selon les critères diagnostiques.
  2. Cortese S. (2012). The neurobiology and genetics of Attention-Deficit/Hyperactivity Disorder (ADHD): What every clinician should know. European Journal of Paediatric Neurology, 16(5), 422-433. PMID: 22306067. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/22306067/ — Neurobiologie du TDAH : dysfonctionnements des circuits dopaminergiques et noradrénergiques dans le cortex préfrontal et les ganglions de la base.
  3. Pham T.T. et al. (2024). Dietary Interventions and Supplements for Managing Attention-Deficit/Hyperactivity Disorder (ADHD): A Systematic Review of Efficacy and Recommendations. Cureus. PMC11491108. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC11491108/ — Revue systématique 2024 : effets des interventions nutritionnelles dans le TDAH, incluant oméga-3, vitamine D, magnésium, régimes d'élimination.
  4. Revue systématique (2024). A systematic review on the associations between Attention-Deficit/Hyperactivity Disorder and gut microbiome. ScienceDirect. sciencedirect.com — 14 études, 1 319 participants : altérations de la composition du microbiote intestinal chez les personnes TDAH, via l'axe microbiote-intestin-cerveau.
  5. Méta-analyse (2025). Efficacy of gut microbiota-based therapy for autism Spectrum Disorder and attention Deficit Hyperactivity Disorder: a systematic review and meta-analysis. Psychology, Health & Medicine. tandfonline.com — 15 essais randomisés contrôlés : amélioration significative des symptômes TDAH avec les interventions ciblant le microbiote (SMD = -0,24 ; IC 95% : -0,42 à -0,06), effets optimaux à 8 semaines.
  6. Étude transversale (2026). Attention-deficit/hyperactivity disorder is associated with increased consumption of ultra-processed foods among children. PMID: 41776368. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/41776368/ — 1 135 enfants de 6-11 ans : consommation d'aliments ultra-transformés associée au diagnostic TDAH (OR = 1,622 ; IC 95% : 1,010-2,604) après ajustements multivariés.
  7. Cohorte longitudinale (2026). Association of unprocessed and ultra-processed food consumption and ADHD symptoms: evidence from a Brazilian population-based cohort. European Child & Adolescent Psychiatry. link.springer.com — 3 643 enfants suivis de la naissance à 6-7 ans : consommation élevée d'aliments non transformés associée à des scores TDAH 6% inférieurs à 6-7 ans.
  8. Nigg J.T. et al. (2012). Meta-analysis of attention-deficit/hyperactivity disorder or attention-deficit/hyperactivity disorder symptoms, restriction diet, and synthetic food color additives. Journal of the American Academy of Child and Adolescent Psychiatry, 51(1), 86-97. PMID: 22176942. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/22176942/ — Méta-analyse : l'élimination des colorants alimentaires synthétiques réduit les symptômes TDAH avec une taille d'effet modeste mais significative.
  9. PMC (2025). Protecting developing brains: urgent need to regulate synthetic food dyes in children's diets. PMC12577863. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC12577863/ — Mécanismes des colorants synthétiques sur le cerveau en développement : stress oxydatif, dysfonction mitochondriale, perturbation du métabolisme dopaminergique et sérotoninergique.
  10. van Egmond-Fröhlich A. et al. (2017). Diet and ADHD, Reviewing the Evidence: A Systematic Review of Meta-Analyses of Double-Blind Placebo-Controlled Trials Evaluating the Efficacy of Diet Interventions on the Behavior of Children with ADHD. PLOS ONE. journals.plos.org — Revue systématique de méta-analyses : le régime few-foods produit des tailles d'effet moyennes à larges, supérieures à l'élimination des colorants ou aux oméga-3 seuls.
  11. Liu T.H. et al. (2023). Omega-3 Polyunsaturated Fatty Acids for Core Symptoms of Attention-Deficit/Hyperactivity Disorder: A Meta-Analysis of Randomized Controlled Trials. Journal of Clinical Psychiatry, 84(5). PMID: 37656283. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/37656283/ — Méta-analyse : les oméga-3 n'améliorent pas significativement les symptômes centraux du TDAH à court terme, mais une supplémentation longue durée pourrait avoir des bénéfices.
  12. Revue systématique (2024). Omega-3 Polyunsaturated Fatty Acids in Children with Attention Deficit Hyperactivity Disorder: A Systematic Review. Principles and Practice of Clinical Research, 10(4). researchgate.net — 31 essais randomisés, 2 494 enfants : effet global non significatif des oméga-3 sur le TDAH ; bénéfices observés dans des sous-groupes spécifiques.
  13. Gao Q. et al. (2019). Magnesium status and attention deficit hyperactivity disorder (ADHD): A meta-analysis. Psychiatry Research, 278, 282-287. sciencedirect.com — Méta-analyse de 7 études : niveaux sériques de magnésium significativement inférieurs chez les sujets TDAH vs contrôles (-0,105 mmol/L ; p = 0,013).
  14. Villagomez A., Ramtekkar U. (2014). Iron, Magnesium, Vitamin D, and Zinc Deficiencies in Children Presenting with Symptoms of Attention-Deficit/Hyperactivity Disorder. Children, 1(3), 261-279. PMC4928738. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4928738/ — Revue des déficits en zinc, ferritine, magnésium et vitamine D dans le TDAH : niveaux réduits documentés, rôle comme modulateurs potentiels des symptômes.